Les veilleurs

Saviez vous que votre métier était un des plus vieux métier du monde né il y a plus d’un siècle avec les « Veilleurs de Nuit ». Un métier très ancien qui connut ses lettres de noblesse, reposant sur la confiance des autres, le don de soi et la transmission. Au XXI eme siècle, les veilleurs de nuit vont devenir "des héros inconnus du quotidien". Nous vous proposons ce retour sur les origines de votre métier.

Déjà sous le règne d'Auguste, sept cohortes de vigiles veillaient sur le maintien des biens et des personnes. Au Moyen-Age, le veilleur de nuit avait pour mission d'éviter les incendies et de chasser les manants et autres aigrefins, il était aussi chargé de crier les heures et rythmait ainsi les nuits des plus insomniaques.

La notion d'humanisme est fortement ancrée dans cette profession ancestrale, car elle repose sur la question de la responsabilité : le veilleur se substitue aux autres pendant leur sommeil afin que les habitants se reposent en toute quiétude. Veilleur de nuit est un métier qui aujourd'hui, demande un investissement entier, il assure la sécurité physique et morale des résidents et doit connaître les différents dispositifs d'urgence en cas de besoin. L'évolution des environnements sociaux oblige la profession à s'adapter et à donner une réponse fiable, sécurisée et garantie à ses clients.

Ainsi, l'esprit du compagnonnage est bien présent, les valeurs d'engagement, de transmission des connaissances par l'apprentissage et d'efficacité peuvent être déployées dans les structures de sécurité privée. Lier le développement de l'individu et l'apprentissage est une réelle opportunité pour la valorisation des métiers de la sécurité privée.

« Il est deux heures, dormez braves gens, le ciel est clair »

Dormez braves gens !Chargés d’annoncer les heures jusqu’au petit jour et de veiller à la quiétude des habitants, les veilleurs de nuit assuraient la sécurité nocturne de la cité. À l’époque où les villes attiraient pickpockets et bandits, dans les ruelles étroites et mal éclairées, le rôle du veilleur de nuit consistait à protéger la population. Encore plus sournois, un autre danger guettait la population : le feu. Les habitations, majoritairement constituées de bois, la pierre étant réservée aux riches et aux édifices religieux, s’éclairaient à la bougie et se chauffaient au feu de l’âtre. À la tombée du jour, les veilleurs enjoignaient donc les administrés à éteindre leurs flambeaux avant d’aller se coucher afin d’éviter les départs de flamme, très difficilement maitrisables dans le contexte exigu des villes.

Outre la prévention des incendies, les veilleurs de nuit protégeaient la population des tire-laines. Équipés d’un sabre et d’un sablier, ils proposaient aux noctambules de les raccompagner en sécurité jusqu’à leur domicile pour quelques écus. Assermentés, la confiance était établie au point que certains d’entre eux possédaient les clés des habitations ou pouvaient procéder à des interpellations !

Fiez-vous à Dieu, et bonne nuit !
 Gardez-vous du feu ! Gardez-vous du voleur !

Aujourd’hui les feux de cheminée ne sont plus si nombreux en ville et les habitations s’équipent progressivement de détecteurs de fumée. Mais l’idée de protection est toujours au centre de cette vocation. Et même si l’éclairage public assure une quiétude toute relative aux couche-tard, toute une catégorie de la population nécessite l'appel aux veilleurs de nuit : établissements hospitaliers, structures médico-sociales, foyers d’enfance ou d’insertion. S’ajoute le développement de l’activité commerciale en flux tendus, sollicitant le travail nocturne : transports, logistiques, aéroports, usines ou entreprises en production continue intensifient le recours aux veilleurs de nuit.

Serenos, gardiens de la sérénité

Veilleurs de nuitLes serenos, veilleurs de nuit espagnols, chantent les heures en patrouillant dans la cité, offrant comme l’origine de leur nom l’indique, la sérénité à leurs concitoyens. C’est aujourd’hui le cœur du métier ! Le quotidien du veilleur de nuit ne se résume pas à un acte de présence, il doit assurer un service d’écoute et de réconfort dans de nombreuses structures comme par exemple dans les établissements de personnes dépendantes, voire aider à leur endormissement en garantissant le calme aux résidants.

La prévention des risques varie d’un établissement à un autre, c’est pourquoi le veilleur doit être polyvalent : assurer la sécurité des biens et des personnes, gérer les situations de crise, maitriser les règles d’hygiène et de sécurité. Et tout cela au contact de publics très variés, enfants, adolescents en difficulté, personnes âgées ou en rupture d’autonomie, tout en s’intégrant dans une équipe dont les interlocuteurs varient de l’éducatif au médical. Le veilleur de nuit doit développer un sens aigu du dialogue, rassurer les inquiets, canaliser les agités, aider à désamorcer les situations de crise, la tombée de la nuit intensifiant ces phénomènes…

L’esprit protecteur prend tout son sens dans cette fonction, au-delà de la fiabilité de l’individu, le veilleur de nuit aura à cœur d'accomplir sa mission de prise en charge des biens et des personnes pendant leur sommeil.

Faire respecter les règles de vie du lieu, assurer la transmission des informations aux équipes de jour, relater les événements et autres incidents de la nuit : agitation, malaise, tentative d’intrusion ou même fugue d’un mineur. Dans ces perspectives, cultiver son sang-froid pour réagir dans l’urgence, connaître et maitriser les gestes de premiers secours ou savoir passer le relais à d’autres intervenants (SAMU, cadre de santé, gendarmerie).

Un dévouement à toute épreuve !

Les âmes résidentes doivent pouvoir accorder leur totale confiance pour mettre leur vie entre les mains du surveillant durant la nuit. Ces compétences ne s’acquièrent pas seul dans son coin ! La mutualisation de l’expérience s’avère capitale : partager les valeurs éthiques liées à la profession, intégrer les attitudes à adopter face aux différents cas de figure, enrayer les situations de tension avant qu’elles ne dégénèrent en conflit… Toutes ces exigences ne peuvent être dispensées par une simple formation, ne serait-ce qu’au regard de la disparité des missions. C’est là que réunir un corps de métier en corporation prend tout son sens : adopter un savoir-faire et un savoir-être au sein d’une unité prônant des rapports humains respectueux. Un métier souvent exercé en autonomie dont les acteurs auraient bien besoin de pouvoir parler d’une seule voix. afin de faire vivre et valoriser les différents métiers qui la constituent.

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