La croisée des chemins

René Henri LEGRET Secrétaire Général du CRED

Depuis la journée du 8 décembre dernier et les tristes évènements que nous avons endurés depuis le début de l’année, nous constatons que des délits qui relevaient de la criminalité de droit commun, du fait de leur isolement, accèdent, sous couvert d’idéologie, au niveau stratégique mondial et impactent - au quotidien - directement la vie de nos concitoyens dans une période économique tendue, difficile pour tous.

Le temps est venu pour les sociétés de sécurité privées de répondre à l’invitation du Gouvernement, prendre leur destin en main et construire tant leur avenir que contribuer au concept de sécurité globale de demain.

La sécurité est un principe inscrit dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, c’est pour cela qu’il ne faut exclure personne et, dans cette lutte, l’ensemble des Acteurs de la Sécurité Privée ont toute leur place à prendre. Pas seulement dans leurs rôles, mais aussi en tant que renforts de diverses natures.

Dans les années qui viennent, horizon 2020, l’ensemble des Acteurs de la Sécurité Privée représenteront une part importante de l’embauche en France. Il ne faut pas oublier que les métiers de la Sécurité Privée sont appelés à évoluer et à se développer. Les Sociétés Privées de Sécurité représentent un outil majeur d’intégration et de renforcement du « lien national », de développement pour notre économie, qu’il ne faut pas sous-estimer.

La place, l’évolution des postes, des Agents, des métiers y est prépondérante. La sécurité de tous est l’affaire de chacun. Le bon fonctionnement du dispositif repose sur une structure pyramidale inverse. De la qualité du recrutement de l’Agent, de sa formation, de son savoir-être et de son savoir-faire, des moyens mis à sa disposition dépendront le sentiment de sécurité de chacun.

Pour cela, il est important de repositionner « l’Homme » au centre du dispositif, de lui conférer un « vrai » rôle social, des responsabilités qui lui permettront de donner du sens à son engagement et d’assurer le continuum de sa carrière professionnelle, à travers des évolutions métiers.

Jusqu’à présent la profession d’Agent de Sécurité, plutôt décriée, n’était qu’un pis-aller, un moyen de de subsistance comme un autre ou un premier emploi pour entrer dans la vie active ou une expérience pour des étudiants (plus obligés que curieux), dans le cadre de remplacements à l’occasion des congés estivaux.

A défaut d’avoir su capitaliser sur l’humain, première richesse de l’entreprise, la profession n’a pas su promouvoir des métiers diplômants ou séduire une frange de population en recherche d’avenir. Il n’est qu’à voir les clichés et les opinons dont on affuble ses Représentants qui, pourtant, exerce un métier digne, honnête qui exige un sens du « Protéger et Servir » et des qualités que beaucoup de leurs détracteurs sont loin de posséder.

Dans la situation actuelle, il est grand temps de revoir l’image de la profession en repensant les métiers qui la compose et de revaloriser les hommes et les femmes qui l’exercent au quotidien.

Il ne s’agit plus de ratiociner sur des méthodes datées, qui pousseront les plus téméraires à réinventer la carte des prestations, d’autres à singer une posture « Américaine » pas adaptée à notre culture et aux méthodes de gouvernances du vieux continent, mais de faire preuve d’imagination, de créativité, de transcender un état d’esprit pour le bien commun de tous. La « voie du milieu » est ardue, face à l’émergence de menaces aussi inacceptables, imprévisibles qu’outrancières. Il faut repenser complètement l’éventail des métiers de la sécurité privée.

[1] Journée de la Sécurité Privée à l’Ecole Militaire

 

Pas de commentaire.

Ajouter un commentaire